lundi 26 janvier 2015

Ce n'est pas une épine, c'est un buisson de ronces !

Le couple formé par Pierre Letourneau et Marie Chardron a eu trois enfants, Pierre, Christophe et enfin Philibert, mon ancêtre à la sixième génération (Sosa 42).

Collection personnelle
Un seul hic : où et quand se sont-ils mariés ? Ce n'est pas une épine généalogique, c'est un buisson de ronces ! Jugez-en plutôt.

Les faits connus

Le 2 mai 1794, à Meslay-du-Maine, dans le département de la Mayenne, Pierre Letourneau se présente à la maison commune, en compagnie de Philibert Chardron, son beau-père, et d'un autre témoin pour déclarer que "Perrine Chardron son épouse en légitime mariage est accouchée ce matin en sa maison dans le bourg d'un enfant mâle auquel ils ont donné le prénom de Pierre".

Je dis bien "Perrine" et non "Marie".

L'année suivante, plus précisément le 7 juin 1795, le même Pierre Letourneau se présente à nouveau devant le même officier public, Nicolas Buffard, pour déclarer la naissance de Christophe. Le personnage en question nomme d'abord la mère "Perrine", mais biffe aussitôt le prénom et le remplace par "Marie". L'enfant ne vivra qu'une quinzaine de jours à peine.

Le 24 février 1796, Charles Ravault et Christophe Raillou entrent à leur tour dans la maison commune et déclarent que "Pierre L'Etourneau époux de Marie Chardron a été tué par les Chouans sur la place dans le bourg âgé de vingt cinq ans ou environ". La veille au soir (ou bien était-ce simultanément, ce n'est pas clair), un marchand tissier et une femme âgée de soixante-huit ans ont subi le même sort.

Le 1er août 1796, soit cinq mois plus tard, Louis Guillet, Perrine Chardron et Françoise Bouvier viennent déclarer que "Marie Chardron épouse en légitime mariage de défunt Pierre L'Etourneau est accouchée de ce matin d'un enfant mâle auquel ils ont donné le prénom de Philibert".

Enfin, le 2 juillet 1798, un dernier acte vient clore la brève histoire du couple : "Marie Chardron veuve de feu Pierre Letourneau, fille de Philbert Chardron marchand et de Marie Briceau… est morte de ce jourd'huy à trois heures du matin, âgée de vingt-neuf ans, née à Meslay".

Les premières recherches

J'ai facilement trouvé les actes de baptême de Marie Chardron et de sa sœur Perrine, nées respectivement en décembre 1769 et juin 1771 à Meslay-du-Maine, ainsi que ceux de leurs sept frères et sœurs. Ils sont presque tous agrémentés du paraphe de leur père, qui signe tantôt "Philberth Chardron", tantôt "Ph. Chardron" d'une main assurée.


Trouvé également l'acte de mariage des parents, Philibert Chardron et Marie Briceau, en janvier 1769, toujours à Meslay-du-Maine.

Trouvé aussi l'acte de baptême d'un certain Pierre Marin Le Tourneau en la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Château-Gontier, le 11 février 1770. Mais aucun acte de mariage de ce dernier, ni avec Marie, ni avec Perrine Chardron, ni à Meslay-du-Maine, ni à Château-Gontier.

Les mariages des deux fils Letourneau, Pierre et Philibert, à Château-Gontier, le premier en mars 1818 et le second en novembre 1822, ajoutent encore à la confusion. Pierre est dit "fils majeur de Pierre Letourneau, tisserand, décédé au dit Meslay, le vingt-quatre février 1796… et de Perrine Chardron, son épouse, décédée au dit Meslay le quatorze messidor, l'an six(1)". L'acte de mariage de Philibert reprend exactement les mêmes termes, à un prénom près : cette fois, la mère s'appelle… Marie !

Décourageant !

Nouvelles investigations

À quelque temps de là, je pense enfin à pousser plus loin les recherches sur cette fameuse Perrine et je découvre que, le 29 mai 1799, elle a épousé un certain Jacques Laurent. Rien dans la rédaction de l'acte de mariage ne permet de penser qu'elle est veuve de Pierre Letourneau…

J'acquiers donc plus ou moins la certitude que les trois garçons sont issus du couple formé par Pierre Letourneau et Marie Chardron, parents tous deux décédés avant leur trentième année ; mais il me faudra sans doute me rendre aux Archives départementales de la Mayenne et consulter les tables des successions et absences pour en avoir le cœur net.

En reprenant le dossier ces jours-ci, me voilà soudain saisie d'un doute : en l'absence d'un acte de mariage indiquant précisément la filiation, comment être sûre de l'identité des parents de Pierre Letourneau ? J'ai noté qu'il était né à Château-Gontier, que ses parents s'appelaient René Isidore Letourneau et Marie Hamon, mais faites une recherche dans Geneanet, même en la limitant à la période entre 1750 et 1800, et vous obtenez plusieurs centaines de réponses ! Le patronyme Letourneau n'a rien de rare, le prénom Pierre pas davantage.

L'ai-je confondu avec un homonyme ? Je décide de relire, plus attentivement cette fois, les actes de mariage de ses deux fils, Pierre et Philibert.

Le mariage du jeune Pierre, tout d'abord. Parmi les témoins figure un certain Louis Etienne Hocdé, perruquier, vingt-sept ans, cousin germain de l'époux du côté paternel : me voilà confortée ; sa mère, Barbe Julienne Letourneau, et le père du marié sont bien frère et sœur.

Le mariage de Philibert, ensuite. Parmi les témoins figurent René Letourneau, propriétaire, soixante-six ans, et Yves Brette, tisserand, soixante-deux ans, oncles de l'époux du côté paternel. Le premier a les mêmes parents que le père du marié, le second a épousé une sœur du père du marié. Ouf ! la filiation de Pierre Letourneau, né à Château-Gontier en 1770, fils de René Isidore Letourneau et de Marie Hamon, est bien confirmée.

Mais où et quand s'est-il marié ? S'est-il d'ailleurs vraiment marié ou aurait-il profité des troubles de la période révolutionnaire pour le faire croire ? Je cherche encore la réponse.



(1) Soit le 2 juillet 1798. Pour faciliter la compréhension de la chronologie, j'ai converti toutes les dates du calendrier révolutionnaire en calendrier grégorien.

lundi 19 janvier 2015

Reprendre son arbre à zéro ? Pas question !

La lecture de l'article d'Elise Faut-il reprendre son arbre généalogique à zéro ? est excellente pour les neurones. Le billet a déclenché une réaction quasi immédiate parmi les généalogistes de la blogosphère, si j'en juge par l'avalanche de commentaires et de réponses tant positives que négatives, et il a utilement meublé une partie de mes insomnies !

Pour ma part, c'est hors de question. Voici pourquoi.

Je n'en ai ni le temps ni le goût

Tout d'abord, je ne me sens aucune prédisposition pour les travaux de Pénélope : défaire et refaire indéfiniment le même motif, merci bien ! Et j'ai tendance à penser que je ne suis pas la seule, même si les raisons diffèrent avec l'âge : pour les uns, il s'agit de concilier vie professionnelle, vie familiale, loisirs, activités sportives et passion chronophage ; pour les autres, il s'agit de trouver un équilibre entre les diverses occupations d'une retraite que l'on souhaite active le plus longtemps possible, certes, mais qui s'achèvera bien un jour. Cela n'incite guère à faire indéfiniment des ronds dans l'eau, il faut impérativement avancer.

Pour filer la métaphore sportive, après quelques tours de manège entre quatre murs pour apprendre les rudiments de l'équitation, vivement les sorties dans la campagne pour découvrir de nouveaux paysages et de nouvelles sensations. Quitte à subir quelques déboires et quelques chutes, l'important c'est  de se relever et de continuer !

Je n'éprouve pas le besoin de changer de logiciel

C'est un argument mis en avant par les tenants de la remise à zéro. Le format Gedcom ne permettrait pas de transférer la totalité des informations d'un logiciel à un autre, ou d'une plateforme à une autre. Risques de perdre des bribes au passage ! Alors autant repartir de zéro, disent-ils. Comme certains, qui réinstallent tous les logiciels et tous les fichiers à chaque changement d'ordinateur, pour être sûrs de ne pas polluer leur belle machine toute neuve avec de vieilles sauvegardes…

En généalogie, c'est un peu jeter le bébé avec l'eau du bain, non ?

La question ne se pose pas pour moi. Je suis satisfaite d'Heredis dans sa version 2014 pour Mac. Son ergonomie et son apparence me plaisent. J'ai acquis une certaine dextérité dans la saisie des données. Je pense même que je n'ai pas fini d'en explorer toutes les facettes et toutes les possibilités, alors pourquoi en changer ?

Mon arbre généalogique n'a pas besoin d'être élagué

Autre argument des partisans de la remise à zéro : au fil du temps, leur arbre aurait développé de façon plus ou moins anarchique des pousses intempestives, voire aurait laissé des plants parasites se développer entre ses branches. Et de manier le sécateur ou la tronçonneuse pour y voir plus clair…

Curieusement, cette notion d'arbre n'est pas celle qui me vient spontanément à l'esprit, lorsque je pense généalogie. Je préfère parler de base de données et j'ai grand plaisir à l'enrichir de fiches d'individus apparemment secondaires, mais qui apparaissent de façon récurrente dans les registres. Une grande satisfaction également à faire des recherches sur des gens qui n'ont pas de lien direct de parenté avec moi, mais qui étaient amis ou alliés de mes ancêtres.

Pour utiliser une métaphore empruntée cette fois au domaine artistique, à côté des portraits de mes ancêtres, j'ai besoin, pour en savoir davantage sur leur entourage, de tableaux à la manière de David Teniers, des scènes de genre et des kermesses de village avec de nombreux personnages, révélateurs d'ambiances et de modes de vie.

Tableau de David Teniers le jeune (1610-1690)
Source Wikimedia Commons

Pas question pour moi, donc, de supprimer les maires (ah ! ces noms ronflants qu'ils arborent sous la Restauration, un régal), les curés (quel bonheur quand ils y vont de leurs commentaires dans les registres), les vicaires, les chapelains, les sages-femmes ou les voisins venus déclarer un décès. D'autant que les capacités actuelles des disques durs de nos ordinateurs ne risquent guère d'être mises en péril par quelques mégaoctets supplémentaires.

Et, qui sait, cela peut servir à un autre généalogiste amateur. Ce personnage, qui apparaît de façon fugace dans la vie de mes ancêtres, est peut-être recherché vainement depuis des semaines par un de ses descendants… Geneanet permet ce type de partage.

Je sais quelles sont les branches plus ou moins délaissées

Là, je le reconnais bien volontiers, si j'ai identifié tous mes ancêtres jusqu'à la cinquième génération (à l'exception de deux pères d'enfants naturels), c'est ensuite très inégal : certaines lignées remontent allègrement le temps jusqu'aux confins du XVIe siècle, tandis que d'autres patinent davantage pour diverses raisons.

Registres disparus, archives départementales non disponibles en ligne (coup d'œil appuyé en direction des Hautes-Pyrénées et du Gers), voire intérêt moindre, allez savoir pourquoi, pour certaines régions… que sais-je ?

Mais je n'ai nul besoin de remettre les compteurs à zéro pour identifier ces ancêtres quelque peu délaissés, il suffit de jeter un œil sur l'onglet "Lignée/Ascendance" d'Heredis pour les visualiser. Et un de mes cousins issus de germains se charge de me le rappeler régulièrement, je n'avance pas assez vite à son goût sur la branche qui le concerne…

Corriger ses erreurs

Bien sûr, elles ont fâcheusement tendance à se glisser dans toute généalogie, en dépit des efforts déployés pour les traquer : erreurs d'inattention, confusion de dates, difficultés de lecture, homonymies, manque de fiabilité de certaines sources…

Mais pour les corriger, pas besoin de tout reprendre à zéro, je dispose de plusieurs pistes.

En premier lieu, les erreurs de débutant. Comme leur nom l'indique, j'ai dû en commettre durant mes premiers mois de recherches : elles ont donc toutes les chances de concerner mes ancêtres des générations les plus proches, ceux que j'ai traités en premier. Pourquoi ne pas programmer une révision systématique de leurs fiches, sans tout mettre à la corbeille ?

Les événements non corroborés par des sources, ensuite : dans Heredis, il est possible d'effectuer un tri et de lister les individus qui ont des événements sans source. Un oubli est si vite arrivé, notamment lorsque plusieurs événements se rattachent à une même source : un acte de mariage qui indique la paroisse des deux conjoints, l'existence d'un contrat et le nom du notaire, le décès d'un parent, l'âge et le domicile des témoins, autant d'événements à saisir et à justifier à partir d'une source unique, autant d'omissions potentielles. C'est donc une manipulation que je fais régulièrement avec succès.

Les erreurs de transcription et d'interprétation, enfin : si l'on admet que le généalogiste amateur s'aguerrit et acquiert de l'expérience au fil du temps, ces "bêtises" risquent de concerner en priorité les documents utilisés lors des premières recherches. Là encore, merci Heredis ! dans une version antérieure, le logiciel attribuait automatiquement un numéro d'ordre à chaque nouvelle source utilisée (A0001, A0002…), numéro que j'ai eu l'heureuse idée de reprendre dans les versions suivantes, lorsque cet automatisme a disparu. À moi de prévoir une vérification systématique de ces documents.

Voilà donc trois pistes pour passer en revue ma base de données et la rendre plus fiable, sans effacer les résultats acquis après bientôt six années de recherche !

Permettez-moi de conclure par une interrogation : quelle est la finalité de vos recherches généalogiques ? C'est cela qui doit guider en priorité votre démarche. S'agit-il de polir indéfiniment le même galet ou de bâtir un édifice avec tous les matériaux à votre disposition ?

Et un grand merci à Elise, qui a réveillé mes neurones et suscité ces réflexions.

lundi 12 janvier 2015

Monsieur le curé fait ses emplettes

Quoi de mieux pour commencer l'année qu'une mention insolite dans les registres paroissiaux ?

Le document

Je vous propose aujourd'hui un texte figurant dans les registres de Salbris (Loir-et-Cher), intercalé entre les actes de l'année 1791 et ceux de l'année 1792.

AD Loir-et-Cher, Salbris
5MI 232/R6 vue 194/523

Pierre Bezard, curé de la paroisse, qui par ailleurs ne semble guère impressionné par les événements qui secouent alors le royaume, profite de l'opportunité qui lui est offerte pour embellir son église.

"Dans le courant du mois de décembre de la présente année
sur la représentation que j'ai faite dans une assemblée de la paroisse
pour ce convoquée, que d'après la destruction de plusieurs églises dans
les villes, il se présentoit l'occasion la plus favorable pour acheter
à bas prix différents meubles ou décorations pour notre église, j'ai
été chargé d'achetter ce que je trouverois convenable ou nécessaire
pour notre église et j'ai acheté effectivement le maître Autel
tel qu'il est qui alors estoit dans l'église des Carmes à Bourges et m'a coûté
quatre louis, l'Autel de la Vierge 12# l'Autel de St. Jean 12…
l'autel placé dans la chapelle où est mon confessionnal 6#…
trois petits tombeaux estoient aussi aux Carmes, les fonts baptismaux
avec leur grille en fer le tout 50# ils etoient à St. Ambroix, le
bénitier en pierre près la g(ran)de porte venant du Fourchault et m'a
coûté huit livres, les chandeliers argentés des enfants de chœur venant
de St. Outrillet et ont coûté 12# trois chappes blanches avec
le grand Christ qui est sur le tabernacle 72# et aux dépens de la
confrérie de la Vierge une garniture de chandeliers argentés avec le
Christ 114# et j'ai dit la messe au maître Autel pour la
première fois après son remplacement à minuit la veille de Noël.
j'ai aussi acheté la Vierge de pitié qui est actuellement dans le
? du maître autel et m'a coûté un louis. Elle estoit aux
Bénédictins à Bourges. celui qui a étrenné les fonts baptismaux
est Jean Poigny fils de Martin Poigny meunier à Belleville et
de Magdeleine Desbordes baptisé le cinq
janvier de l'année 1792.
P. Bezard, curé"

La curiosité étant la vertu cardinale des généalogistes, j'ai voulu en savoir davantage.

Les recherches

Un petit tour sur Wikipédia m'a tout d'abord confirmé deux des acquisitions du curé pour l'église Saint-Georges de Salbris, le maître-autel de pierre et la Pietà. Rien de plus.

Une recherche sur GenCom.org, ensuite, m'a permis de déchiffrer les noms propres de façon certaine : il y a bien à Bourges une église des Carmes, qui date du XVIe siècle, mais aussi une ancienne abbaye Saint-Ambroix et une ancienne église Saint-Aoustrillet.

"Fourchault" m'a donné plus de fil à retordre, mais en me connectant sur le site des Archives départementales du Cher, j'y ai découvert un inventaire des registres paroissiaux effectué par le citoyen Gabriel Dubreuil et ses deux assistants (en vertu, explique-t-il, de la loi du 20 septembre 1792 "vieux style"). Le document d'une dizaine de pages énumère les liasses conservées dans la maison commune : le Fourchaud, ainsi orthographié, faisait partie de la liste des paroisses de la ville de Bourges au moment de la Révolution.

Passons à Gallica. Une simple recherche sur le mot "Salbris" me propose d'entrée de jeu un ouvrage intitulé Le curé de Salbris ou le Fénelon du village, rédigé par un certain Emile Vanderburch, imprimé à Paris en 1838. Le document, qui comprend environ 150 pages en gros caractères et quelques illustrations, concerne précisément Pierre Bezard, l'auteur des achats évoqués plus haut, et narre un certain nombre d'anecdotes édifiantes à son sujet.

Source Gallica

Après une longue dédicace, l'ouvrage commence par le récit de l'enterrement du prêtre (que l'auteur situe en juillet 1828 au lieu de 1829, je m'en apercevrai ensuite) et fournit diverses précisions. Pierre Bezard est le fils d'un marchand drapier de Bourges, il est né en 1755, il a quatre sœurs et a été ordonné prêtre alors qu'il avait vingt-cinq ans. D'abord vicaire à Saint-Pierre-le-Guillard, à Bourges, il serait passé par Souesmes avant de prendre en charge la paroisse de Salbris.

Un détour par Geneanet dans l'espoir de gagner du temps : j'y trouve un Pierre Bezard, né le 1er avril 1755 et baptisé à Saint-Pierre-le-Guillard, fils de Pierre Bezard marchand toilier et de Marie Morin, flanqué de quatre sœurs. Il se serait marié et aurait eu une fille, née à Bourges le 6 juillet 1792 et décédée cinq jours après, sans plus de précision. Bizarre…

Il est grand temps de revenir aux sources, c'est-à-dire aux documents établis à l'époque des faits, j'entends par là les registres paroissiaux et les registres de l'état civil. J'ai donc récupéré l'acte de baptême de Pierre Bezard, daté du 2 avril 1755, signé par le curé de Saint-Pierre-le-Guillard à Bourges, et son acte de décès, rédigé le 21 juillet 1829 par le maire de Salbris. Rien n'indique qu'il aurait abandonné son sacerdoce à la faveur de la Révolution : il était toujours curé lors de son décès, sous le règne du très réactionnaire Charles X.

J'en ai profité pour feuilleter les registres de ce bourg de Sologne où vécurent certains de mes ancêtres : Pierre Bezard y apparaît pour la première fois le 22 décembre 1785 avec le titre de desservant, avant de signer régulièrement les actes en tant que curé, à partir du 10 janvier 1786. Il a ainsi baptisé, marié ou inhumé un certain nombre de Laubret et de Bernard qui figurent dans ma généalogie.

Les registres paroissiaux sont en ligne jusqu'à la fin de l'année 1792, relayés ensuite par les registres de l'état civil. Le curé de Salbris réapparaît brièvement dans ces derniers avec le titre d'officier public, de juillet 1793 à mars 1794, avant de laisser la place à d'autres scripteurs.

Je note au passage que sa mère, Marie Morin, avait sans doute rejoint la paroisse de son fils lorsqu'elle s'était retrouvée veuve, car elle est inhumée dans le cimetière de Salbris le 3 décembre 1792. L'acte de sépulture est signé par les curés de deux villages voisins, Souesmes et Theillay, en présence de Pierre Bezard et de ses sœurs Magdeleine et Marguerite. L'ouvrage trouvé sur Gallica indiquait qu'elles avaient suivi leur frère et vivaient avec lui au presbytère.

Les enseignements à en tirer

Avec un peu de chance, il est relativement facile de collecter toutes sortes de détails qui viennent enrichir nos connaissances sur la vie de nos ancêtres. Il est néanmoins indispensable de recouper les différentes sources, car une erreur a tôt fait de se glisser dans les éléments à notre disposition.

J'avouerai d'ailleurs que j'en ai profité pour corriger le patronyme de celui que je persistais à appeler Begard dans ma base de données, étant peu douée pour déchiffrer les signatures, civiles ou ecclésiastiques !

lundi 29 décembre 2014

Trêve des confiseurs

Chers lecteurs, merci de m'avoir suivie tout au long de cette année. Permettez-moi de vous souhaiter de joyeuses fêtes en famille et entre amis. Que l'année à venir vous permette de réaliser tous vos voeux généalogiques !




La parution reprendra début janvier, dès que les dernières bulles de champagne se seront évaporées…

lundi 22 décembre 2014

Faisons le point sur l'année écoulée

… et commençons par quelques chiffres, la version 2014 d'Heredis permettant d'obtenir facilement des statistiques sans se lancer dans l'élaboration de tableaux compliqués.

À ce jour, j'ai identifié 746 ascendants directs, dont deux à la seizième génération : Jehan Aunillon et Françoise Le Portier, qui vivaient au Louroux-Béconnais, à quelques lieues à l'ouest d'Angers, et qui firent baptiser leur fils Pierre le 22 janvier 1539 du calendrier julien(1). Cela représente une centaine d'ascendants supplémentaires, par rapport à l'an dernier, à pareille époque. Ma foi, je n'ai pas chômé.

Bon, d'accord, les alertes hebdomadaires Geneanet ne sont pas étrangères à cette progression, mais je tiens à préciser que je vérifie systématiquement la validité de l'information dans les registres paroissiaux mis en ligne par les archives départementales, et que je m'abstiens si j'ai un doute.

Répartition géographique de mes ancêtres directs
Source Geneanet

Ma base de données comporte aujourd'hui 10 419 individus, dont vraisemblablement, ne nous leurrons pas, un certain nombre de doublons pour cause d'imprécision dans les actes. Cela peut vous paraître disproportionné par rapport au nombre de mes ancêtres directs, mais c'est tout à fait compréhensible pour au moins trois raisons :
  • En premier lieu, j'ai pris l'habitude de saisir les parrains et marraines, témoins, officiants religieux, officiers d'état civil et autres personnes citées dans les actes, si je parviens à déchiffrer leur nom sans trop de difficulté.
  • Ensuite, je me suis attachée, particulièrement cette année, à compléter les fratries, et vous savez bien que chez nos ancêtres il n'était pas rare d'avoir huit à dix enfants par couple, le record étant détenu à ce jour par Gilles Poirier, mon Sosa 134, laboureur à Romagny (Manche) au XVIIIe siècle, père de dix-huit enfants, dont dix-sept avec la même épouse !
  • Enfin, il m'arrive de m'égarer sur des chemins de traverse et de pousser un peu plus loin les recherches sur un personnage croisé au détour d'un événement : certains rentrent ainsi dans ma base de données, même si le lien avec mes ancêtres est ténu.

 Il m'est, par exemple, arrivé d'explorer la généalogie d'une de mes cousines et d'y croiser un de ses ancêtres né à Elseneur (cela ne vous dit rien ? rappelez-vous Hamlet), la fille de ce dernier née aux Iles Vierges du temps où elles étaient danoises et une autre de ses parentes, qui avait épousé un frère de Georges Méliès !

Je me suis également intéressée à la lignée d'un de mes oncles par alliance, qui était l'un des petits-fils du sculpteur Alexandre Falguière. Cela me distrait de mes ancêtres laboureurs…

Mais continuons à énumérer quelques chiffres :
  • 506 lieux, d'Abu Dhabi (où j'ai vécu à l'époque où les immeubles sortaient à peine du sable) à Vix (Vendée) où résidait une certaine Marie Thérèse Gerbault lors du mariage d'un de ses neveux Lefranc en avril 1795, pardon, le "huit floréal l'an troisième de la République française une et indivisible",
  • 3 878 sources, dont une écrasante majorité de BMS et de NMD, systématiquement transcrits, ce qui constitue un excellent entraînement à la paléographie,
  • 4 017 patronymes, y compris leurs variantes orthographiques, d'Abaffours en Mayenne à Yvon dans le Maine-et-Loire, chiffre à rapprocher des 1 599 unions, toujours d'après les statistiques gracieusement fournies par Heredis,
  • 596 prénoms, également y compris leurs variantes, du frustrant "?" (non précisé dans l'acte ou non déchiffré) à Zoé, en passant par Amynthe, Bénigne, Cayetan, Damassine, Diasiente, Ennemonde, Galatoire, Lézine, Nivard, Roag, Roulette, Telesphore et Urice (et pourtant là, je ne sors pas de l'hexagone !),
  • 364 professions, d'administrateur civil à voyageur de commerce, en passant par affranchisseur, arquebusier, campanier, filassier, laneficier, maître grellier, peigneur de chanvre, poupelier, porteur de contraintes, receveur de la foraine, tireur d'étain (aucun rapport avec le métal) et voiturier.

Bref, la généalogie est pleine de surprises et de poésie et je n'ai qu'une envie, continuer à en explorer le vaste champ des possibilités… Je songe néanmoins à y mettre plus de méthode, mais cela fera peut-être l'objet d'un prochain billet, au seuil de l'année nouvelle.


(1) Le passage du calendrier julien, instauré par Jules César en 46 avant J.C. au calendrier grégorien, instauré par le pape Grégoire XIII pour rattraper le décalage par rapport à l'année solaire, se fit en France sous Henri III, en décembre 1582.

lundi 15 décembre 2014

Énigme photographique résolue ?

Il y a presque deux ans déjà, je m'interrogeai sur la photographie d'une jeune femme aux yeux clairs et aux cheveux châtains, vêtue à la mode des années 1870 ou 1880.

Il s'agissait d'une photo au format carte de visite, émanant du studio Disdéri, mais deux détails me titillaient : les initiales sur le support cartonné (je croyais lire HD, alors que le célèbre photographe du XIXe siècle se prénommait André Adolphe Eugène) et l'adresse du 6, boulevard des Italiens, alors qu'à ma connaissance le studio se trouvait au numéro 8 !

Eugénie Caperet
Collection personnelle

L'interrogation resta en suspens. Et puis, comme je suis dépositaire d'un bon nombre de photos de famille, en mai de cette année je me décidai à acquérir un fascicule intitulé Reconnaître les photos et cartes postales anciennes(1). J'y ai découvert l'existence de plusieurs ouvrages fort utiles pour dater avec précision les clichés. L'un d'eux attira tout de suite mon attention : le Répertoire des photographes parisiens du XIXe siècle, de François Boisjoly, aux Éditions de l'Amateur, paru en 2009.

Un petit tour sur Internet et me voici en possession quelques informations supplémentaires : il s'agit d'un ouvrage broché de près de trois cent pages, au format imposant et d'un prix relativement élevé, même d'occasion. Beaucoup trop récent pour être accessible en ligne sur Gallica. Et s'il était consultable en bibliothèque ?

Couverture du Répertoire des photographes parisiens

Je poussai plus loin les recherches… et c'est ainsi que j'ai accédé à deux sites intéressants. Je vous détaille l'affaire, car elle peut vous être utile.

Le Catalogue collectif de France

Je tape d'abord "rechercher un livre dans une bibliothèque" dans mon moteur de recherche préféré et j'arrive sur le guide de recherche en bibliothèque de la BnF.

1) Je lis le paragraphe intitulé "Localiser des livres hors BnF".

2) Je clique sur "Catalogue collectif de France" et je me retrouve sur une page de bienvenue, où je tape le titre du livre dans la case prévue à cet effet.

3) J'obtiens quatre résultats, dont le premier correspond à l'ouvrage recherché.

4) Je clique sur le titre en question et j'obtiens les diverses cotes du livre à la BnF sur les sites Tolbiac et Richelieu, des localisations à Grenoble, Roanne et Montpellier et une liste de 25 lieux répertoriés par le SUDOC (Système Universitaire de DOCumentation). En cliquant sur chaque ligne, on accède à quantités d'informations pratiques sur l'accueil réservé ou en libre accès, les catalogues, la localisation, les horaires d'ouverture… bref, une mine pour les chercheurs.

Les Archives de Paris

Deuxième piste à ma disposition. Tout en bas de la page d'accueil de leur site, figure une rubrique Bibliothèque.

1) Je clique sur "Consulter la rubrique".

2) Je choisis "Livres et revues", puis "Lire la suite".

3) Je sélectionne "Catalogue informatisé commun aux bibliothèques municipales spécialisées".

4) Tout en bas de la page de la bibliothèque des Archives, je choisis "Catalogue" et je clique sur "Recherche simple".

5) Je tape le titre du livre et j'obtiens deux résultats, qui correspondent à ce que je recherche, ainsi que la localisation des ouvrages : ils sont consultables non seulement aux Archives de Paris, mais dans plusieurs autres bibliothèques de la capitale. Je n'ai que l'embarras du choix !

Les informations contenues dans le Répertoire

J'ai donc profité d'une récente expédition boulevard Sérurier pour consulter (enfin !) le fameux livre en question. Il figure en accès libre, sur les rayonnages de la bibliothèque qui sépare la salle de lecture de l'espace dédié à la consultation des microfilms. Et là, bingo ! Trois articles sont consacrés à la famille Disdéri.

Le premier concerne évidemment André Adolphe Eugène Disdéri et narre l'ensemble de sa carrière professionnelle. J'y apprends qu'en 1874, il déménage du 8 au 6bis boulevard des Italiens. Tiens, tiens ! Et c'est en 1877 qu'il vendra sa firme à un certain Délié (qui se proclamera successeur de Disdéri).

Le second article est consacré à son épouse Geneviève Francardt, que Disdéri a quelque peu délaissée, semble-t-il, et qui exerça l'activité de photographe à Brest puis à Paris, après le départ de son mari pour Nîmes.

Le troisième article, enfin, est dédié à un certain Léonard Disdéri(2). J'y relève les informations suivantes : "Début d'activité 1875. Plaque sèche. Photographe de studio. Peut-être un fils que Eugène Disdéri a eu avec une Parisienne. Ils travaillent ensemble au 6, boulevard des Italiens."

Retour à la photographie, maintenant : à y regarder de plus près, les initiales ressemblent fort à un L, un H et un D entrelacés… elle a donc vraisemblablement été réalisée entre 1875, début d'activité de Léonard Disdéri, et 1877, date de la vente de l'entreprise familiale à un successeur.

Agrandissement de l'inscription

Subsiste une ultime question : la jeune femme de la photo, identifiée comme étant Eugénie Caperet, l'une de mes arrière-grand-mères maternelles, est née à Pau, s'y est mariée et y a donné le jour à sept enfants ; alors, à quelle occasion cette photo a-t-elle été prise dans un studio parisien ?





(1) Sandrine Sénéchal, Thierry Dehan, Savoir reconnaître les photos et cartes postales anciennes, Archives & Culture, guides de généalogie, 2012, 80 pages.

(2) Par curiosité, j'ai essayé de trouver l'acte de naissance de Léonard Disdéri à Paris dans l'état civil reconstitué. Sans succès : il n'y a pas de fiche à ce prénom.

lundi 8 décembre 2014

Le patrimoine du grand-père

Sollicitée par une amie pour aller récupérer un document aux Archives de Paris, j'en ai profité pour tenter de répondre à cette intéressante question : quel était le patrimoine de mon grand-père paternel au moment de son décès ?

Pour cela, je disposais simplement de trois informations :
  • Ses nom et prénoms,
  • Sa date de décès,
  • L'adresse de son domicile à cette date.


Comment procéder ?

Un tour sur le site des Archives de Paris m'a permis de préparer efficacement mes recherches sur place. Le site est fort bien fait et, si vous ne le connaissez déjà, je vous conseille d'y jeter un œil.

La rubrique "Sources généalogiques" vous propose neuf sous-rubriques, dont une intitulée "Successions : déclarations et tables de décès". En cliquant sur "Lire la suite", vous accédez aux modalités de recherche et vous pouvez même télécharger une fiche au format PDF(1).

J'en ai retenu qu'il faut d'abord consulter les tables de décès, autrement dit les tables de successions et absences classées sous la cote DQ 8, pour repérer si une déclaration de succession a été déposée dans les mois qui suivent (et si oui, à quelle date ? sous quel numéro ?). En cas de réponse positive, il faut ensuite consulter les déclarations de successions proprement dites, classées sous la cote DQ 7.

J'ai également repéré dans le tableau de concordance le bureau de l'Enregistrement qui m'intéressait, compte tenu de l'arrondissement où résidait mon grand-père : en l'occurrence le 13e Bureau, pour le 17e arrondissement.

Sur place, la démarche pour accéder au document recherché se déroule en six étapes. Pas moins !

1) Chercher la cote de la table des successions et absences qui vous intéresse dans l'instrument de recherche I.7.1 (les classeurs noirs sur les rayonnages près des baies vitrées). Facile si vous avez, en plus du nom du défunt, le numéro du bureau d'Enregistrement et la date du décès. Cela donne quelque chose comme DQ 8 xxxx.

2) Commander la cote sur l'un des ordinateurs placés près du bureau de la Présidence de salle, en commençant par scanner le code barre de votre carte de lecteur. Compter une vingtaine de minutes pour obtenir le registre qui vous intéresse.

3) Chercher la déclaration de décès dans le registre. Elles sont classées par mois et, pour chaque mois, par ordre chronologique. La page de gauche reprend les informations qui permettent d'identifier la personne : nom, prénom, profession, âge au décès, adresse du domicile, jour du décès, situation matrimoniale, patronyme du conjoint.

Table des successions et absences, page de gauche
Archives de Paris

Repérer sur la page de droite ce qui est mentionné dans la deuxième colonne : une date et un numéro (parfois plusieurs), si une déclaration de succession a été établie. Si cette colonne est vide, inutile de poursuivre plus loin les recherches, il n'y avait pas de patrimoine, donc pas de déclaration à faire ni de droits à payer.

Table des successions et absences, page de droite
Archives de Paris

Ne pas s'inquiéter si la colonne "Observations" comporte la mention "Pas de fiche", j'ignore sa signification, mais c'est en tout cas indépendant de l'existence ou non d'une déclaration.

4) Chercher la cote de la déclaration de succession dans l'instrument de recherche I.7.4 (à nouveau, les classeurs noirs sur les rayonnages près des baies vitrées). Facile avec le (ou les) numéro(s) de déclaration. Cela donne quelque chose comme DQ 7 xxxxx.

5) Commander la cote sur l'un des ordinateurs, comme précédemment. Nouvelle attente de vingt minutes environ.

6) Chercher la déclaration de succession dans le registre. Elle est établie par le notaire sur un formulaire intitulé "Formule de déclaration de mutation par décès" et comprend un nombre de pages variable en fonction l'importance et de la variété du patrimoine.

Quelles informations en tirer ?

La première page de la déclaration reprend la liste des héritiers et légataires et indique leur lien de parenté avec le défunt. Les pages suivantes détaillent l'actif, sa répartition entre les héritiers et finalement les droits à payer.

Déclaration de mutation par décès, première page
Archives de Paris

Si les opérations de succession se déroulent sur plusieurs mois (en cas de vente d'un bien immobilier, par exemple), le notaire établit une déclaration intermédiaire et verse au Trésor public un acompte sur les droits de succession, ce qui explique qu'il puisse y avoir plusieurs numéros de déclaration à des dates successives.

Le contenu de la déclaration est éminemment variable d'une personne à l'autre, mais, outre le détail du patrimoine, il est possible d'y glaner des informations qui permettent de poursuivre plus avant les recherches et d'en apprendre davantage sur ses ancêtres.

Pour ma part, j'ai relevé les points suivants :

1) Mon grand-père paternel était propriétaire de deux maisons à Salbris, qu'il avait héritées d'une de ses cousines (la déclaration précise qu'elle était veuve, indique le nom du défunt mari et fournit la date et le lieu de décès de cette cousine).

2) Ces maisons ont été vraisemblablement vendues après le décès de mon grand-père (ce dont ma mère parlait avec une nuance de regret dans la voix, car elle n'aurait pas détesté avoir une maison de campagne en Sologne).

3) Mes grands-parents possédaient également un petit terrain à Montmorency, acquis après leur mariage puisque le montant de sa vente fait partie de l'actif de communauté.

4) A contrario, comme il n'est fait nulle mention de leur appartement parisien, je puis aisément en conclure qu'ils en étaient locataires.

5) J'ai également la confirmation que mon grand-père percevait une retraite de la Compagnie du Chemin de Fer Métropolitain de Paris.

6) Enfin, j'ai le nom et l'adresse de deux notaires, pour poursuivre plus loin mes investigations.

Bref, ces quelques feuilles jaunies consultées aux Archives de Paris m'ont permis d'avancer dans mes recherches généalogiques !


(1) Une précision qui a son importance : cette marche à suivre n'est valable que pour les décès à compter de 1791.